« Faire du vin à 9° vol, ce n’est pas opportuniste, ce n’est pas un concept, c’est retrouver en le modernisant ce que buvaient nos grands-parents. »

L’alcool trop prononcé gène la consommation régulière

Déjeunant tous les jours ensemble, mon père et moi nous sommes aperçus que nous buvions de moins en moins de vin à table. Pourtant rien ne nous en empêchait : nous ne risquions pas de contrôle d’alcoolémie, nous aimions le « goût » et le vin était à disposition ! Pourquoi donc se priver de ce plaisir ? Après y avoir réfléchi objectivement, nous nous sommes aperçu que le trop fort degré d’alcool freinait notre envie de boire au quotidien.
Au-delà de cette constatation personnelle, il s’agit d’une tendance lourde dans notre pays traditionnellement consommateur de vins. Nous vivons dans une société dont les préoccupations et les modes de vie ont évolué. Les gens se soucient de plus en plus de leur santé et recherchent du plaisir dans leur alimentation.
Dans ce contexte, la consommation de vin aurait tous les atouts pour progresser. Le vin en effet véhicule des valeurs traditionnelles et saines. Personne aujourd’hui ne peut ignorer le fameux « french paradox ». L’appréciation et la connaissance du vin s’apparentent à une ascension sociale. Et pourtant sa consommation dans les pays traditionnellement consommateurs ne cesse de diminuer. Cette évolution est corollaire à l’augmentation du taux d’alcool. Ainsi, il est intéressant de comparer l’évolution de la taille des contenants par rapport au taux d’alcool. Dans les années soixante-dix, les vins mentionnaient généralement 10° pour des bouteilles d’un litre, puis progressivement, le vin est monté à 12° alors que la contenance des bouteilles est descendue à 0,75 litre. Aujourd’hui, les vins ont couramment un degré compris entre 13 et 14° alors qu’on les sert dans des bouteilles de 0,50 litre ou au verre !

Plaisir de d�guster et plaisir de boire

Ces dernières années, nous avons tous recherché des vins de plus en plus riches et concentrés dans l’optique de briller en concours et lors des dégustations comparatives. Au cours de ces grandes messes, les vins sont dégustés mais ne sont pas bus : après tout le labeur effectué dans les vignes, grand sacrilège, on ose les cracher !
Sous la pression de la mode anglo-saxonne, le vin a évolué vers un apéritif, un alcool et l’on en a oublié le côté boisson alimentaire. Toute la communication s’est organisée autour de la dégustation et de la consommation modérée, « boire moins pour boire mieux ». Comment faire autrement ? Ces vins issus de raisins dont la maturité est poussée à l’extrême sont plus alcooleux et contiennent régulièrement entre 14° et 16° vol. C’est un peu comme si l’on mettait une bouteille de porto sur la table pour accompagner le repas ! De plus, l’alcool est sournois, il pose le même problème que posait le soufre vingt ans auparavant dans les vins blancs et rosés, il entraîne des maux de tête vicieux.
Au delà d’un certain taux d’alcool situé aux alentours de 13°, le vin devient plus un somnifère qu’un excitant. Son rôle social, celui qui délie les langues au cours du repas, est perdu. La dégustation est primordiale mais n’est qu’un préliminaire. Quel plaisir de boire ! De finir son verre ! De voir le cul de la bouteille ! C’est le plaisir Rabelaisien du vin. Nous voulons retrouver de la buvabilité et de l’appétence dans nos vins. Beaucoup parlent aujourd’hui de vin de soif, de vin plaisir en opposition au vin « bodybuildé » souvent imbuvable. Nous avons donc décidé de nous attaquer sérieusement au problème de fond, la concentration en alcool !

Les grandes références françaises à 12°

Sans renier le travail fait depuis trente ans, nous avons cherché à faire évoluer nos vins, garder la richesse, la concentration, mais retrouver aussi de la buvabilité et de l’élégance. Nous ne jugeons plus nos vins sur leurs mensurations et leur sex-appeal mais sur leur élégance, leur appétence et leur convivialité. C’est un peu comme une femme que l’on ne peut pas juger uniquement sur ces formes lors de concours de beauté !
Nous nous sommes inspirés des grands vins de Bordeaux, de Bourgogne ou d’Allemagne qui indiquent généralement moins de 12.5° vol. Depuis 2001, nous travaillons sur le sujet, d’abord par une expérimentation dans les vignes puis par le travail en cave. Ces dernières années ont permis d’élargir nos connaissances et de déterminer de nouveaux objectifs. Ainsi, nous sommes fiers aujourd’hui de présenter une gamme de vin complète depuis les vins gastronomiques jusqu’à des vins révolutionnaires comme « Plume de Colombette » vins très peu alcoolisés, qui représentent pour nous, les vins du futur.

Quelques réflexions à méditer pour ce soir

Nous cherchons à faire le vin que demande le consommateur ou qu’il pourrait demander, nous n’avons pas la prétention de l’éduquer.
Le cépage, la qualité de travail et l’imagination du vigneron sont plus importants que le terroir.
Au-delà de 13% vol, le vin rentre dans le monde des liqueurs, des spiritueux. On ne le boit plus, on le sirote. Le vin perd son âme et nous notre culture.
A 9%vol, le vin vous restaure. Il vous enlève la fatigue et le stress sans vous assommer.
L’alcool est un masque dans la dégustation.

 
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